R G i SUZETTE. Sous la crémaillere bralait un restant de biche; a coté, un gros chat et un chien roux, tous deux cou- chés, clignaient paresseusement des yeux vers une ' : grande table ronde, au milieu de la piece. Des gens y mangeaient dun plat qui, sans doute, n’était pas &4 la conve- nance des deux bétes, car elles ne bougeaient pas. s A Il y avait la cinq con- - vives, quatre assis, un debout. Celui-la, gamin de cinq & six ans, rose et joufflu, mangeait lentement. Ses grands yeux bleus vaguement étonnés regardaient devant lui comme cher- chant quelque chose qu'ils ne trouvaient pas. Personne, cela se voyait, ne lui avait appris & manier sa cuiller, ou bien il avait eu le temps d'oublier 'en- seignement. Il la tenait 4 pleine main, et, d'un mouvement pataud,” la plongeait dans la casse- role de terre qui lui ser- vait d’assiette. De l'autre main il 'y péchait les haricots égarés parmi le pain trempé et les avalait un & un en les comptant. Auprés de lui, deux gargons plus orands; l'un a figure éveillée, au nez retroussé, et dont la veste baillait largement aux coudes. s & A e i 5 “.& LA g f, 7/l 2 M, i /| Le chien de garde. Le chat de la maison. L’autre avait bien douze ans; son visage, un peu gaté - par quelques taches de rousseur, n'en était pas moins un franc et honnéte visage. Ges deux gar¢ons-la sem- blaient savoir comment on tient sa cuiller. Une fillette, qui leur faisait face, la maniait encore: plus joliment qu'eux. Elle avait une dizaine d’années, une physio- nomie * vive, des yeux frais, trés ouverts, pleins d’affa-