dkj004
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R G i SUZETTE.
Sous la crémaillere bralait un restant de biche; a
coté, un gros chat et un chien roux, tous deux cou-
chés, clignaient paresseusement des yeux vers une
' : grande table ronde, au
milieu de la piece. Des
gens y mangeaient dun
plat qui, sans doute,
n’était pas &4 la conve-
nance des deux bétes,
car elles ne bougeaient
pas. s A
Il y avait la cinq con- -
vives, quatre assis, un
debout. Celui-la, gamin
de cinq & six ans, rose
et joufflu, mangeait lentement. Ses grands yeux bleus
vaguement étonnés regardaient devant lui comme cher-
chant quelque chose qu'ils ne trouvaient pas.
Personne, cela se voyait, ne lui avait appris & manier
sa cuiller, ou bien il avait eu le temps d'oublier 'en-
seignement. Il la tenait
4 pleine main, et, d'un
mouvement pataud,” la
plongeait dans la casse-
role de terre qui lui ser-
vait d’assiette. De l'autre
main il 'y péchait les
haricots égarés parmi
le pain trempé et les avalait un & un en les comptant.
Auprés de lui, deux gargons plus orands; l'un a
figure éveillée, au nez retroussé, et dont la veste
baillait largement aux coudes.
s & A
e i 5 “.&
LA g f,
7/l
2
M,
i
/|
Le chien de garde.
Le chat de la maison.
L’autre avait bien douze ans; son visage, un peu gaté
- par quelques taches de rousseur, n'en était pas moins
un franc et honnéte visage. Ges deux gar¢ons-la sem-
blaient savoir comment on tient sa cuiller. Une fillette,
qui leur faisait face, la maniait encore: plus joliment
qu'eux. Elle avait une dizaine d’années, une physio-
nomie * vive, des yeux frais, trés ouverts, pleins d’affa-
Sous la crémaillere bralait un restant de biche; a
coté, un gros chat et un chien roux, tous deux cou-
chés, clignaient paresseusement des yeux vers une
' : grande table ronde, au
milieu de la piece. Des
gens y mangeaient dun
plat qui, sans doute,
n’était pas &4 la conve-
nance des deux bétes,
car elles ne bougeaient
pas. s A
Il y avait la cinq con- -
vives, quatre assis, un
debout. Celui-la, gamin
de cinq & six ans, rose
et joufflu, mangeait lentement. Ses grands yeux bleus
vaguement étonnés regardaient devant lui comme cher-
chant quelque chose qu'ils ne trouvaient pas.
Personne, cela se voyait, ne lui avait appris & manier
sa cuiller, ou bien il avait eu le temps d'oublier 'en-
seignement. Il la tenait
4 pleine main, et, d'un
mouvement pataud,” la
plongeait dans la casse-
role de terre qui lui ser-
vait d’assiette. De l'autre
main il 'y péchait les
haricots égarés parmi
le pain trempé et les avalait un & un en les comptant.
Auprés de lui, deux gargons plus orands; l'un a
figure éveillée, au nez retroussé, et dont la veste
baillait largement aux coudes.
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Le chien de garde.
Le chat de la maison.
L’autre avait bien douze ans; son visage, un peu gaté
- par quelques taches de rousseur, n'en était pas moins
un franc et honnéte visage. Ges deux gar¢ons-la sem-
blaient savoir comment on tient sa cuiller. Une fillette,
qui leur faisait face, la maniait encore: plus joliment
qu'eux. Elle avait une dizaine d’années, une physio-
nomie * vive, des yeux frais, trés ouverts, pleins d’affa-
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